Inconséquence ou connerie monumentale ?
Par ko le lundi 19 juin 2006, 16:01 - Ça m'éééénerve... - Lien permanent
L'arrosage fou, ou qu'est-ce qui justifie un véritable gaspillage au vu et au su de tout un chacun ?
Je suis actuellement en week-end prolongé dans le Sud, c'est bien agréable. Je suis descendue en voiture, avec l'apollon et son partner et néanmoins ami. Nous avons pris une des routes des vacances
, en empruntant le réseau autoroutier qui traverse la Drôme. Soleil, vent, cultures à perte de vue, poids-lourds, radars automatiques. La routine.
Pourtant, dans la Drôme, une aberration m'a frappée à nouveau. Je l'avais déjà remarquée, il y a deux ans, à la faveur d'une transhumance estivale. Fuyant d'importants ralentissements sur l'autoroute, nous avions décidé, avec l'apollon, de naviguer à vue (le Michelin sur les genoux de l'excellente copilote que je suis) sur des nationales, voire des départementales, parfois ombragées, ce qui est plus cool que de rester bloqué dans la fournaise autoroutière avec tous les autres péquins. Lors de cette vadrouille, nous avions été proprement estomaqués de constater que, en pleine après-midi, par une température de 30 degrés au moins, et sous un vent à décorner un boeuf (c'est-à-dire dans des conditions habituelles pour ce coin de France), les arrosages automatiques fonctionnaient à plein dans quasi tous les champs.
Sous le cagnard.
En plein vent.
En gros, dans ces conditions, t'as 60 % de l'eau déversée qui n'atteint même pas le sol, et qui n'a pas non plus le temps de rafraîchir l'atmosphère. Quelques gouttes se posent sur les feuilles, ce qui peut les brûler (n'importe quel jardinier amateur sait qu'on n'arrose pas les feuilles, mais le sol, et surtout pas dans la journée, pour respecter le biorythme végétal, mais le soir, à la fraîche
). Bilan de l'opération : néant, plus que négatif, inutile, aberrant. Et tout ça dans un contexte de raréfaction de la ressource eau, dans une période où l'on parlait de sécheresse (merci la culture intensive de maïs).
Nous n'en revenions pas. Et là, vendredi dernier, même endroit, même cause, même étonnement : et vas-y que je t'arrose les champs en pleine journée, par un soleil de plomb, en plein vent... Petite fille, je passais une partie de mes vacances chez mes grands-parents, des viticulteurs languedociens, et j'adorais les aider dans leurs tâches, notamment quand il s'agissait d'aller ouvrir les vannes du bas-Rhone
, le réseau d'irrigation local. Et j'aimais tout particulièrement cela, parce que nous y allions à la fraîche
, donc, après le repas du soir, dans le crépuscule interminable de l'été, sacrée aventure pour une petite fille. Ils n'auraient jamais arrosé en journée, et pourtant, ils n'étaient pas bio, mes grands-parents, plutôt productivistes, comme on leur avait appris à l'être (c'était le Progrès, pour ces fils de paysans, première génération à vraiment vivre de leurs cultures - jusqu'à pouvoir s'offrir un voyage organisé par an, à l'orée de la retraite ! -, tandis que leurs prédécesseurs survivaient dans une économie de subsistance). Ils en ont donc balancé, de la poustème (expression générique locale qui désigne tout produit chimique destiné à soigner / prévenir / améliorer les rendements...). Mais ça, arroser en pure perte, jamais ils n'y auraient consenti.
Alors, quoi ? Les paysans de la Drôme (mais aussi les autorités, le Préfet, les Chambres et syndicats professionnels), ont-ils perdu la boule ? Qu'est-ce qui peut bien justifier une telle hérésie ? Ces plants sont-ils si particuliers qu'ils exigent absolument quelques gouttes d'eau en pleine journée ? C'est une des hypothèses de l'apollon. Mais si c'est vraiment le cas, ne peut-on pas revenir à des variétés capables d'attendre le soir pour être arrosées ? Ou alors, ce sont les agriculteurs qui ne veulent pas rater le Bigdil ou le 19-20 ? ... 'Feraient mieux de planter des éoliennes, vu le ventas qui décoiffe toute la région !
Où est la rationalité là-dedans ? Est-ce qu'on va demander, au mois d'août, aux particuliers de ne plus arroser leur pelouse ni laver leur voiture, alors qu'on aura laissé perdre tant et tant du précieux liquide ?
Je remonte vers Paris demain. Je vais encore m'étonner, m'insurger en pure perte dans la Séat, pousser des ça m'éneeeerve...
(parfaitement inutiles) à la vue de ces arrosages si perfectionnés et si atrocement inconscients. J'ai l'air maligne, ensuite, lorsque j'apprends aux Bachous à fermer le robinet pendant qu'ils se lavent les dents, ou que je bricole des bacs à réserve d'eau et que je paille les 4 plantes qui égaient mon balcon, pour ralentir l'évaporation et espacer l'arrosage... Bande de baltringues criminels...
Commentaires
Il y a quand même une chose qui m'étonne : Les agriculteurs, qu'ils soient "industriels", "productivistes", "raisonnés" ou "bio", quelle que soit leur sensibilité, sont des professionnels compétents qui maîtrisent et emploient des techniques de plus en plus complexes et sophistiquées.
Moi, je n'y connais rien, je n'ai pas d'opinion personnelle (en dehors du fait que j'arrose sur le balcon les trois pots de fleur de Madame le soir ou le matin mais jamais en plein cagnard), mais j'ai quand même du mal à imaginer que des départements entiers soient arrosés en pure perte à des heures où ça ne sert à rien...
Il y a peut-être et même probablement des raisons autres que la pure connerie pour motiver cela. J'imagine par exemple :
On peut avoir des doutes légitimes sur la monoculture, la spécialisation par régions, la culture de plantes ayant d'énormes besoins en arrosage, certes. Mais en dehors de cela, une fois la culture plantée, je doute fort que ce soit la stupidité qui préside à l'organisation de l'arrosage. Les agriculteurs sont des professionnels. Et moi, dès que je touche une plante, elle crève ;-))
Ou alors ils payent pas l'eau et donc ils s'en foutent ?
Les causes sont certainement économiques, car y a-t-il autre chose qui compte dans la vie ? (2d degré, merci).
D'après Que Choisir : "Les agriculteurs, au regard de leur responsabilité dans la pollution de l'eau, présentent une contribution à la redevance pollution qui est absolument dérisoire. Les consommateurs contribuent trois fois trop à cette redevance. Si on tient compte des rejets à haute toxicité, la contribution des industriels est sensiblement trop faible. Ainsi, il apparaît que, dans le domaine de l'eau, le principe pollueur-payeur n'est pas du tout appliqué en France."
Et dernier et j'arrête : ça m'énerve ...
"Années quatre-vingt, l’Europe décide qu’il faut produire du tournesol. La France, primes à l’appui, se couvre de jaune. Années quatre-vingt-dix, la Pac (politique agricole commune) réoriente ses aides. Elle accorde une prime au maïs et, mieux encore, une surprime à son irrigation. La France se convertit. Difficile d’en vouloir aux exploitants. Un hectare de prairie rapporte au maximum 45 euros de subventions, un hectare de maïs 330 euros. Et si cet hectare est irrigué, 200 euros de plus. Comme si cette incitation ne suffisait pas, les agences de l’eau y vont aussi de leurs soutiens à l’irrigation."
@Yogi :
Ils ne "paient" peut-être pas l'eau (on n'arrose pas les champs à l'eau courante du robinet), mais par contre, ils la pompent.
Quand on voit le débit et la puissance des systèmes d'arrosage de champs, on se dit que les pompes sont puissantes.
Qu'elles soient à moteur termique ou électrique, le fonctionnement de pompes puissantes consomme de l'énergie, donc coûte de l'argent. Et personne n'aime dépenser de l'argent pour des prunes...
@Swâmi : Sauf si cet argent rapporte plus qu'il ne coûte ... Et ne vous avisez pas de supprimer la prime de 200 euros à l'hectare irrigué, hein, c'est sûrement un "avantage acquis" ... Qu'il soit acquis en dépit du bon sens n'est pas recevable : les acquis d'une catégorie de population, quelle qu'elle soit, n'est pas soluble dans la logique mathématique.
@Yogi : Humm... Je doute que pour toucher des primes à l'irrigation il soit nécessaire de faire tourner des pompes quand ça ne sert à rien. Produire les factures d'achat ou les crédits en cours sur le matos d'irrigation, pouvoir le montrer en cas de besoin, sans doute, mais le faire tourner pour la gloire... Ca deviendrait contre-productif. Mais je vais cesser là de débattre de ce point particulier, puisque fondamentalement je n'en sais rien et me contente de supposer, donc il ne va pas tarder à y avoir davantage de bruit que de signal dans mes propos ;-)
M'enfin, ce n'est quand même pas comme les queues de budget carburants dans les cours de casernes et les camps militaires il y a quelques années, j'imagine, où tu voyais des chars tourner 24/24 autour du camp la dernière semaine de l'année histoire de brûler toute la fin de la dotation de carburant, parce si tu ne brûlais pas tout, il y en aurait moins au budget l'année prochaine...
Parfois, l'administration quelle qu'elle soit produit des side effects inattendus. Et il est vrai que les queues de budgets ont des effets surprenants dans de nombreuses entreprises . Mais je digresse et dérive franchement :-]
A propos, pour ce que j'en sais, le maïs, c'est mort. Dans les prochaines années, c'est de colza qu'elle va se couvrir, la France. Pour faire des biocarburants, si, paraît qu'on est en retard. Et on va laisser le maïs (transgénique [ta mère] [oui, je sais, je sors]) aux ricains.
Et ben, pas plus tôt tourné le dos, que les idées pleuvent, ici (bravo messieurs !).
N'empêche, les pistes que vous évoquez, quoique pertinentes (ô combien), n'éliminent pas un des deux termes de la question que je posais et me pose encore : (il est évident que j'élimine de fait la connerie comme cause de cette situation, ne la retenant que pour rendre mon propos plus outré).
Sans comprendre réellement tous les tenants et les aboutissants de cette irrigation menée en dépit de ce qui me semble être le bon sens, je reste persuadée que chaque protagoniste ne la considère que par le (petit) bout de sa propre lorgnette, et qu'une vue d'ensemble et de hauteur mettrait très probablement en évidence nombre d'incohérences. Dans le cas de l'agriculture française, le fatras des règlements, des situations acquises, des rapports de force réels ou symboliques, qui créent des contraintes inextricables conduisant à des aberrations est peut-être encore pire que celui dans lequel se débat ce pauvre sélectionneur de footeux vieillissants, pathétiques et impuissants. C'est dire...
Arf!!
Je vis dans le département le plus agricole de France. Du putain de maïs à perte de vue. Un réseau hydrographique par terrible. Un climat humide mais sec (faible pluviométrie). Et du putain de maïs arrosé à grande eau, de la jeune pousse au presque épis. Des réserves déjà pratiquement à genoux alors que nous n'avons pas officiellement attaqué l'été. Des restriction d'eau qui tombent. Et des champs qui continuent à être arrosés même sous la pluie.
Des professionnels! Ben voyons! De la course aux subventions, oui. Y a des mecs qui plantent des cultures subventionnées qu'ils ne récoltent même pas. Notre flotte du robinet est strictement déconseillée à la consommation des nourrissons et des femmes enceintes, grâce aux produits phytosanitaires. C'est joli, le mot phytosanitaire. Ça fait plantes + santé. En fait, ça fait des gros sacs de merde (on dit des intrants, quand on est un pro), plus ou moins bien stockés (des sacs eventrés qui dégueulent leur contenu jusqu'au petit cours d'eau en contrebas), toujours mal utilisés : le conseil technique d'un agriculteur, en moyenne, c'est son représentant commercial d'un agrobaron dont on se doute que le principal soucis, ce n'est pas tant le respect de l'environnement que la courbe de croissance des bénéfices et donc des quantités consommées...
Bref, côté médias, les agriculteurs se présentent comme les véritables gestionnaires de la biodiversité, les chantres du développement durable, les protecteurs de la nature, côté basse-cour, c'est le rendement à tout prix, la course aux subventions et après moi, le déluge!
@Ko :
Ca, j'en suis tout aussi persuadé que toi. C'est une caractéristique humaine assez répandue par ailleurs ;-)
Mais non que je veuille me faire le défenseur à tous crins des agriculteurs, je pense cependant qu'ils sont extrêmement dépendants des règles, aides et subventions décidées par la P.A.C., et que pour la majorité de ceux qui ont des surfaces de cultures moyennes ou importantes, ils n'ont guère de choix cohérent que de suivre les indications de Bruxelles (carotte + bâton), car leur survie en dépend, et qu'ils roulent rarement sur l'or (je ne parle pas de certaines immenses exploitations de Beauce et Brie etc. qui sont "presque américaines" avec tracteur sur pilote automatique contrôlé par GPS), et que, dans ce cadre, ils font ce qu'ils peuvent pour bosser honnêtement.
@Le Monolecte : C'est bien la première fois de ma vie que j'entends parler de climat "humide mais sec", arf ;-)
>
Mon petit doigt me dit que c'est pourtant un mot que les fabricants eux-mêmes évitent d'employer tant il a désormais mauvaise presse dans certains milieux. En fait, ils évitent carrément de parler de leurs produits, c'est plus sûr ;-)
>
Tiens, Swâmi Petaramesh a posé la question a un pro qui lui a répondu "Euh ah ouais des intrants euh... j'ai déjà entendu ce mot-là je crois c'est un truc pour la betterave non ?" alors il faut croire que le mot intrants n'est pas synonyme de phyto-sanitaire dans la bouche et dans l'oreille de tous les pros, puisqu'on en trouve (sans trop chercher) qui ne savent pas trop ce qu'est un intrant au juste, mais qui connaîssent pourtant bien les produits phyto-sanitaires...
>
Oh je crois que plus simplement, comme beaucoup de monde, y font ce qu'y peuvent dans des conditions pas toujours faciles...
Il ne faudrait pas oublier que "toute" (?) l'agriculture est subventionnée et que, en contrepartie on subventionne la mise en jachère d'un tiers des surfaces agricoles.
-- Ko
Dans la sélection des "nouvelles" variétées, Monsanto ne se demande pas si l'arrosage est nécessaire mais s'il faudra beaucoup de ses produits chimiques pour "protéger" ces plantes.
-- Swâmi Petaramesh
Pas vraiment. Ils ont appris, il y a longtemps, des notions productivistes dépassées lors d'une formation courte. Ils sont coincés entre leur crédits, leurs fournisseurs et leur "clients" (en fait des coopératives qui n'ont de coopératives que le nom ou des grosses boites de l'industrie agro-alimentaire qui leur promettent, à l'avance, d'acheter leur récolte si celle-ci correspond aux critères fixés). Et leur seule source d'actualisation de leurs connaissances sont les techniciens agricoles payés par ces mêmes fournisseurs ou ces mêmes clients qui leur imposent les technologies à utiliser.
-- Yogi
En général, ils ne payent l'eau que le prix de la pompe (entraînée par le vieux moteur diesel d'un tracteur de réforme) qui tourne pour la pomper dans le sous-sol.
-- Swâmi Petaramesh
Il faut 1 (UN) litre de pétrole pour produire 1,5 (UN virgule CINQ) litre de biocarburant ! Je laisse la recherche des sources de cette info à titre d'exercice au lecteur ;-)
Bon, j'arrête là cette tentative de réponse point par point. J'ai pas vraiment le temps, et je ne suis plus tout à fait à jour sur les aberrations de l'agriculture français ;-). La première chose à faire ce serait d'arrêter d'acheter les produits de cette agriculture démente et de rechercher les producteurs raisonnables....
Oui, d'accord, y'a du boulot ;-)
@François Granger :
Pas si courte que ça, tout de même... Et beaucoup prennent aussi la suite d'une longue tradition familiale dont ils ont également retiré toute une transmission non scolaire mais qu'il ne faut pas négliger.
>
Parfaitement juste, c'est pourquoi j'écrivais plus haut que beaucoup "font ce qu'ils peuvent" et font de leur mieux.
>
Exact également, mais on pourrait dire la même chose du médecin généraliste de ville, dont les "connaissances" sur les nouveaux médicaments, etc., sont largement apportées par les visiteurs médicaux des labos, ou par les congrès et autres symposiums largement sponsorisés par ces mêmes labos qui y ont stands, présentations et interventions...
>
Il serait meilleur que tu donnes ta source. Tout d'abord parce que ce que tu affirmes ici semble assez hénaurme, et ensuite parce que le lecteur n'a peut être pas le temps ou l'envie de solliciter Gougueule pour se lancer dans des recherches débridées quand tu pourrais aussi bien indiquer ta source.
Bien que je ne croie pas que les biocarburants représentent la panacée, je serais quand même surpris que tant de pays européens - et de compagnies pétrolières - s'y mettent de plus en plus si ce que tu indiques ici est exact. A moins que toute cette industrie ne tienne debout que grâce à des subventions d'état et n'espère devenir rentable que quand le prix du pétrole aura encore décuplé ?
Surprenant tout de même...
@ François : c'est pas tant du boulot, qu'il y a (puisqu'il d'adhérer à une Amap...), c'est des brouzoufs (de la thune, des pépettes, car c'est cher, l'agriculture bio et locale ! surtout à Paname !! + du temps + de la disponibilité, une forme de savoir, de compétence, encore du temps, donc et de la volonté, pour ça !).
@ Swâmi : que certains (même beaucoup) fassent ce qu'ils peuvent, je n'en doute pas ; mais j'estime qu'il faut aussi être conscient des conséquences de ses choix (c'est pourquoi je parlais d'), même si ces choix sont contraints (fortement, parfois). Un agriculteur n'est pas simplement responsable de lui et de sa terre, mais aussi de ceux qui vont consommer ses produits comme de tout l'écosystème qui comprend ses terres. C'est pour ça que c'est un beau métier, une vocation, qui devrait être autrement valorisée, à tous points de vue, qu'elle ne l'est de nos jours.
Com' dit Agnès, je vois beaucoup de dans tout ça. Et 'tain, ça m'éneeeeerve...
bourrée de préjugés et de connaissances aproximatives. "Les pierres poussent dans les champs" citation véridique d'un agriculteur qui avait 60 ans en 1976.
C'est effectivement la comparaison que je voulais faire. D'ailleur, ce n'est pas un autre sujet. La source de l'information, la qualité de l'information, l'exigence de la "vérité"... Nous en avons encore pour des heures ;-) Mais j'écrit trop vite.
C'est pourquoi j'ai retenu le chiffre. Mais pas la source, ma mémoire est déplorable. Mais pour ce que je connais des bilans énergétiques de l'agriculture, C'est tout à fait vraissemblable. Rappeles-toi, dans un domaine vosin, qu'il faut sept fois plus de surface agricole pour produire des protéines animales que des proteines végétales...
Qui plus est, il y a une source énergétique importante et négligée, c'est le méthane. On le produit par fermentation anaérobie. On peut utiliser tous les déchets verts. Même les boues de stations d'épuration permettent d'en produire. Mais tu nous voie remettre deux grosses bouteilles sur le toit de nos voitures comme les voitures a gazogènes pendant la guerre ? ;-)
Ce qu'il foit voir c'est que le seule critère c'est la circulation de l'argent. Qu'importe la pollution si elle permet de créer une industrie de la dépollution. Par contre ne pas polluer ne rapporte **rien**. D'ailleur, maintenant les droits de pollutions se négocient en bourse.
Arrètes de réver. Redescend sur terre. C'est un moyen de (mal) gagner sa vie. Et si tu ne fais pas un effort pour choisir des produits "sain", pourquoi l'agriculteur ferait un effort pour les produire ? Ca ne lui rapporte pas grand chose.
@François Granger : A propos de biocarburants toujours (désolé Ko pour ce glissement à côté du sujet initial de ton billet), quand tu écris je me demande ce que tu appelles "biocarburant" et si tu ne te limites par au seul éthanol (et encore, extrait comment et de quoi ?) parce que dans le cas de biodiesels, par exemple, on lit des choses bien différentes, comme :
"A propos des biocarburants, Article de Marc Alias", extrait:
Ou sur Wikipédia, extrait :
Comme quoi, comme dit le proverbe
...et dans ces saines lectures, on apprend au passage que le moteur inventé et initialement présenté par M. Rudolph Diesel utilisait comme carburant... l'huile végétale et non pas le gas-oil.
Ici, l'air est très humide, en moyenne 70-80% (d'accord, ce n'est pas le Queensland non plus), ce qui fait que tout le monde a des problèmes récurrents d'humidité dans les maisons. Mais il ne pleut pas tant que ça. Plus qu'en Languedoc mais nettement mois qu'en Normandie. L'eau tend à se raréfier d'année en année, mais les autres continuent à pomper comme des malades.
Ceux qui faisaient comme ils pouvaient, c'étaient les petites exploitations familiales. Cela 20 ans qu'elles disparaissent. Chaque semaine, le TGI d'Auch enregistre les faillites. Restent ceux qui avaient les reins assez solides pour rembourser les emprunts et les techniques et relations qui permettent d'emmagasiner le maximum de subventions. Car les subventions, c'est comme les pluies fines : ça arrive d'abord sur les grands arbres qui captent la part du lion et ça s'assèche au fur et à mesure que l'on descend. Autrement dit, ce ne sont pas ceux qui en ont le plus besoin qui touchent le plus.
Ceux qui ont survécu on de plus grosses exploitations, plus productives, ils sont producteurs (foie gras, conserves, armagnac) et sont nettement plus opulents que les familles qui tiraient la langue pour survivre. Ils sont là pour faire du fric et tous les moyens sont bons.
@ François :
Mais d'une, je fais l'effort de choisir de bons produits, de saison, et si possible locaux (je sais que c'est cher et dispendieux en temps et énergie justement parce que je fais l'effort, dans toute la mesure du possible...), et de deux, si-si, je considère que ça devrait être une vocation, de même que soignant (c'est bien que la comparaison ait été introduite, je pensais justement à cela : les soignants sont les héros d'aujourd'hui, mais leur profession barre en c*uilles, sévère. Les infirmières sont payées des clopinettes tandis que certains gros toubibs sont devenus des hommes d'affaires. Bref. Revenons à nos paysans.)
Plus que rêver, j'ai l'impression de cauchemarder, ce qui ne m'empêche pas d'espérer et de continuer à ré-affirmer ce que je pense qu'il devrait se passer... Je suis totu à fait d'accord sur les constats que Le Monolecte et toi apportez.
Mon cher Swâmi, tu as tous les droits de digresser tant que tu veux, puisque tu enrichis les débats...
Je suis un peu comme toi vraiment choqué depuis des années, j'ai posé maintes fois la question et je n'ai jamais eu la moindre réponse du POURQUOI arroser en plein soleil, vent ... etc Comme tu le dis, le bon sens n'est certainement pas le premier paramètre pris en compte, mais à l'image du pétrole, tant que notre ressource "eau" est considérée comme inépuisable (malgré les alertes répétées d'année en année, qui touchent le lavage de voiture par exemple - my god quelle connerie) on continue à l'utiliser comme telle.
Le livre de Nicolas Hulot (le syndrome du titanic) m'a ouvert un peu les yeux sur ce paramètre quand on parle de production, à savoir, combien d'eau faut-il pour produire telle ou telle ressource, plantes fouragères pour bétail sur-produit, ordinateurs sur-consommés, chaque chose a son prix en eau et il est bon de se poser la question, même si là, sincèrement, je ne connais pas la réponse. Swami apporte un début de réponse qui me semble censé : - la politique du moindre effort, on fait avec ce qu'on a, comme on peut, après tout, faut bien vivre
C'est quand même assez dingue de voir à quel point un problème comme l'arrosage d'une plantation peut avoir autant de liens, être imbriquée à autant de paramètres, économie, europe, libéralisme, pollution ... etc.
Ko, en fait nous sommes d'accord. Simplement, je m'exprime de manière plus cynique et désabusée que toi ;-) Mais je les ai cotoyé de très près, les paysants pauvres et moins pauvre il y a bien longtemps.
Une fois de plus, nous aurions beaucoup à apprendre des paysans du tiers-monde, surtout de ceux qui savent que l'eau est une ressource précieuse et qui ont mis en oeuvre des techniques d'irrigation parcimonieuse et efficace.
Je pense surtout à tous les agriculteurs des zones subdésertiques qui ont creusé des petits canaux d'irrigation qui amènent l'eau pratiquement au pied de la plante, pour en perdre le moins possible. Ou ceux qui ont mis au point des capteurs de rosée. Ou ceux qui mélangent les cultures, pour profiter des talents insecticides d'une plante, de l'ombre d'une autre, des racines captrices d'eau d'une troisième. Autant de techniques très bio-label qui vont à l'encontre de nos pratiques de prédation, d'exploitation des milieux naturels.
Nous vivons dans une civilisation du gaspillage. Nos agriculteurs ne sont pas différents de nous, ils ont juste un pouvoir de nuissance bien supérieur par tête de pipe!
Le Monolecte :
---> Parfaitement ! Et donc, selon moi, une responsabilité plus importante...
Si, en passant, tu pouvais effacer mes fautes de frappe, là, comme ça :-D
Done ! ;-)
C'est vrai que nous aurions beaucoup à réapprendre des agriculteurs du Sud, et c'est vrai que l'une des sources de nos problèles multiples comme pollution et maladies est le gaspillage et la sur-consommation, le culte de la croissance...
Le truc, c'est que sans une politique très forte et volontaire, on ne peut empêcher les gens de tendre naturellement vers le gaspillage, la facilité, c'est "humain" faut croire... une personne pauvre qui économise tout ce qu'elle peut se transformera vraisemblablement en furie consommatrice dès qu'elle accèdera à une aisance suffisante... sauf si on explique que ça ne mène à rien et que ça va dans le mur.
A la vérité, tout le monde s'en fout, tant qu'il n'est pas persuadé que c'est lui-même qui va dans le mur. Ou ses propres gosses, à la plus extrême rigueur, et encore, ...
Ces gens-là ne sentent pas qu'ils font partie de ce monde ; ils sont coupés de leur nature. Il faut apprendre aux enfants la continuité entre eux et le monde
qui les entouredont ils sont un élément.dont ils sont un élémentqu'ils sont.Tu es plus loin que moi sur ce chemin, Swâmiji... ;-)
Oui, enfin, pas toujours : pas quand certains me pètent les couilles, et que j'en mesure la longueur du chemin qui me reste à parcourir ;-)))
Tout est bien fait, finalement. Si notre espèce ne parviens pas à s'intégrer dans la biosphère, elle court à l'extinction. Donc, d'une manière ou d'une autre, le problème sera résolu.
Hugh !