Malgré la joie de vivre que m'apportent le soleil et sa chaleur, il y a dans l'actualité toujours plus de raisons de déplorer la marche-du-monde-tel-qu'il-va (mal). Ce matin, à l'écoute de la radio, un élément m'a tiré l'oreille, et je voulais l'aborder ici.

A l'occasion du raid mortel contre Al-Zarqaoui (ce lien renvoie vers le Fig', qui n'est pas mon journal de prédilection, loin s'en faut, mais qui tient drôlement bien la route pour ce qui est de l'actualité internationale, il faut bien le reconnaître...) ; bref, à l'occasion de ce raid dont tout le monde se félicite - sans se demander si ça n'aurait pas été préférable, dans une optique démocratie, Etat de droit et tout ça, de faire prisonnier et de juger le terroriste, mais bon, passons - le journaliste précise sans s'appesantir sur le sujet que la prime ne sera probablement pas attribuée. Le contribuable ricain s'en sort bien. Pardon ? Une prime ? Une prime pour localiser, arrêter abattre un ennemi ?

Je sais pas vous, mais quand j'entends prime dans un tel contexte, je pense au Far West, à la lutte contre les outlaws, une lutte qui ne s'embarassait pas de justice ni de règles spécifiques à un Etat de droit. Depuis, on a fait quelques progrès dans la lutte contre la délinquance. Je sais bien que ce système existe encore aux zétazunis, que des chasseurs de primes exercent encore, et ça me débecte très profondément. Mais je n'avais pas relevé que ces grands diffuseurs de la démocratie et de l'Etat de droit appliquaient cette méthode puante sur la scène internationale. Enfin, j'en avais vaguement entendu parler, mais sans vraiment l'écouter. Je suis d'une naïveté, parfois. Sidérant.

Et les partenaires des ricains sur la scène diplomatique, ils ne peuvent pas leur faire remballer leurs promesses de primes ? Si untel est suspecté, untel doit être arrêté et puis jugé, le tout selon des règles prédéfinies, ces règles dont le respect, justement, distingue un Etat de droit d'un régime autocratique.

J'imagine que les arguments en faveur de ces primes tournent autour de la notion d'efficacité et de celle de pragmatisme. Et l'on retombe dans un débat sans fin, lorsque la raison d'Etat s'oppose à l'Etat de droit... Cependant, je ne vois pas que la raison d'Etat soit impliquée dans ce cas précis. En revanche, l'Etat de droit, lui, est allégrement piétiné, une fois de plus, par ceux-là même qui prétendent l'imposer au monde. Mais bon, tout ça, on le sait déjà...

Où suis-la seule à m'indigner d'un tel procédé ?