... du moins, la joie de vivre à Paris.

J'ai été très absente, cette dernière semaine, de mon île à moi que j'ai, mais aussi dans les commentaires des blogs amis que je visite davantage, habituellement. C'est que j'ai reçu de la famille, déjà, ce qui rend (beaucoup) moins disponible... Mais aussi, et surtout, c'est qu'il a - enfin ! - fait beau à Paris.

Je fais partie de cette catégorie de la population dont l'état d'esprit, l'enthousiasme et le mental dépendent fortement de la météo. C'est bête (surtout à Paris...), c'est peut-être trivial, mais c'est ainsi. Je n'ai pas vécu 26 ans au soleil du Sud sans que cela ne laisse des traces. En outre, il me semble normal, naturel, de suivre en quelque sorte les saisons : je revis au printemps comme les fleurs, explose en été, et m'assoupit en hiver comme un vulgaire plantigrade (voire une marmotte, c'est vous qui voyez).

Bref, ces derniers jours ont été comme une cure de jouvence : la fatigue de ce trop long hiver s'est ôtée de mes épaules en même temps que s'y déposaient des coups de soleil ! Je me la suis longuement joué la dolce vita : j'ai vadrouillé dans Paname au guidon de Titounet, ma vieille Vespa chromée, en jupe flottant au vent léger et tout petit blouson aux manches relevées. Ah, traverser les ponts de la Seine en pétaradant gaiement, le soleil dans l'oeil... admirer Notre-Dame, toute resplendissante... J'ai retrouvé toutes ces sensations de vie que nous réserve le printemps : les odeurs qui varient subtilement selon que l'on passe de l'ombre au soleil, sous des platanes ou des marroniers, et même la pollution qui recèle différents effluves (mmh). Le petit vent, qui donnerait presque l'illusion de la proximité de la mer (ah, qu'elle me manque, ma Méditerranée... Et puis bien sûr le spectacle de la ville et des gens qui s'offrent au soleil : tellement moins de stress, d'engueulades, de coups de klaxons intempestifs, de grogne et de visages fermés, ces jours-là. Des tas de petits bonheurs à ramasser de-ci, de-là. Je les moissonne avec le même entrain que, plus jeune, je mettais à vendanger dans les vignes de famille. Et cela me remplit de quiétude...