Y s'passe de ces trucs - bis
Par ko le mercredi 26 avril 2006, 14:18 - Ça m'éééénerve... - Lien permanent
Je ne croyais pas si bien dire
Lorsque j'évoquais, hier, le happy slapping et l'un de ses dérivés sauvages (le viol de cette collégienne de Nice), je ne pensais pas coller
aussi bien à l'actualité.
Vous avez ouï l'histoire de cette enseignante, agressée dans sa salle de classe, agression filmée au caméraphone ?
Voilà qui nous renvoit également au texte de Samantdi illustrant la photo du Diptyque 2.1 d'Akynou... Que de chemins qui se croisent !
Evidemment, les hurleurs-à-la-mort du tout sécuritaire vont s'emparer de cette affaire, de ce comportement, pour réclamer toujours plus de fermeté, de mesures restrictives... Comme il est difficile de faire entendre un : oui au respect de l'autorité de l'enseignant / adulte, au respect des personnes et de leurs biens (et non pas des biens et des personnes, car ce sont les personnes qui passent avant les biens, nom d'un chien !), mais prenons garde aux dangers de la peur et de la répression sans prévention
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Commentaires
@Ko :
Non, mais ça démontre qu'il n'est plus nécessaire d'inonder nos villes de caméras de surveillance, puisque désormais nos chers délinquants se filment eux-mêmes, ce qui témoigne d'un civisme qu'il convient de saluer...
Quant aux petits fascistes de nos ministères, tout cela est pain bénit pour eux. Toutes les exactions susceptibles de pousser le peuple à
accepterdemander et un univers urbain de plus en plus déshumanisé qui s'emplit de caméras, de vigiles, de flics et d'agents répressifs à mesure qu'il se vide de tous les "petits métiers" qui l'humanisaient et le rendaient plus sûr et réellement convivial.Que faut-il préférer ? Une gare ou une station de métro avec des guichetiers humains, du personnel humain, présent, ou des rangées de distributeurs automatiques plus des caméras partout et des patrouilles de flics en treillis bleu-nuit et de militaires armés de FAMAS en tenue de camouflage ?
Dans quoi, du point de vue d'une société, est-il le plus intelligent d'investir ? Dans le guichetier et l'agent de service, ou dans le flic et le maître-chien ?
Que faut-il préférer ? Des bus comme dans notre enfance, avec un conducteur qui conduisait et un contrôleur dans sa petite cabine au milieu du bus qui vendait les billets et contrôlait, ou des bus avec un conducteur tout seul et ? L'autre jour, j'ai montré à Mâ Anandaramesh la présence de 6 objectifs de caméras, dans un bête bus. Elle n'en avait spontanément remarqué aucune.
Ou des pions et des profs et des assistants sociaux et des infirmières scolaires et des agents (administratifs) plutôt que des flics, dans les écoles...
Ce que je trouve fou, c'est qu'on a beau dénoncer cette dérive de tout vouloir fliquer / réprimer, cela ne change rien, voire même ça empire. Il semblerait que "grâce" (pfffff) aux médias, l'idée d'installer des caméras à tout va plaise à la vox populi. Quid des résultats de ces mesures qui tendent à dire que cela n'a aucune incidence, voire que cela encourage les actes d'agressions car les jeunes prennet ça comme un défi suppélmentaire : nada.
Le souci c'est que nous sommes dans une société de l'immédiateté, on veut des résultats "tout de suite" et avec des chiffres à l'appui. Comme les politiques de prévention donnent des résultats sur le long terme et sont difficilement quantifiable (comment évaluer le nombre de non-agression du fait d'une politique de prévention ?), ce sont elles qui patissent les premières des coupes budgétaires. mais peut-être qu'en 2007, un nouveau gouvernement pourra y remédier.
Le souci, c'est que si nouveau gouvernement nous avons, vraiment nouveau, veux-je dire, le parti dont il sera issu n'a pas spécialement d'idées très intéressantes sur le sujet. Où alors, il les cache, pour ne pas risquer de déplaire au ventre mou ? (le centre).
Hormis le problème de la dictature de l'immédiateté, il y a aussi la tyrannie du quantifiable, au détriment des éléments de mesure qualitatifs. Mérite un billet, ça, tiens. Dès que j'ai le temps.
J'ai l'impression que dans ce phénomène, la "dimension" nouvelle, c'est l'utilisation de l'outil-caméraphone pour s'arroger une part du droit à la célébrité. Le dispositif trash-TV / caméras miniatures / net permet à ces bêtes sauvages de faire passer leur forfait de la sphère clandestine à celle d'une exposition relativement large, générant des illusions de reconnaissance et de validation de leurs actes. Validés parce que convertis en images diffusables. En effet, lorsqu'un taré fini collectionne des plaques d'égout ou des slips de starlettes seul dans son coin, il n'est rien ; s'il a droit à un sujet dans le JT de 13 heures, il se met à exister. Alors, des gens borderline qui se prennent en photo en douce en train de sauter leur camarade de classe, il y en a toujours eu. Simplement, aujourd'hui, il peuvent être "producteurs-diffuseurs", encouragés par la religion du Réseau Ouvert...
@ Doll : c'est vrai, sauf que là, la collégienne ne se fait pas sauter : elle se fait violer. Et une seconde fois par la diffusion des images à l'ensemble du collège...
Mais tu as raison sur la nouveauté qu'apporte la possibilité technique de production / diffusion : ça crée certainement un engouement plus large et plus durable, le fait de comparer ses
exploitsactes avec d'autres décérébrés de son acabit.??
Ben si c'est sur Couille-molle (ou sur Madame) qu'on doit compter pour sauver la France, on n'est pas tirés d'affaire ;-)
Mouais. Je ne suis pas sûre qu'il nous faille réellement reprendre à notre compte cette rhétorique du ça va vraiment très mal, parce qu'elle sert principalement à essayer de nous vendre de belles saloperies (la vaseline, en quelque sorte). Ceci dit, non, tout ne va pas très bien du tout, M'âme la Marquise. Et ça n'ira pas beaucoup mieux avec les emplumés de l'autre bord. Mais ça n'ira pas plus mal, tandis qu'avec le nabot...
où peut-on avoir les sites de happy slapping?
@ boson : DTC, man !!