Je l'avais promis, il fallait que j'honore ma parole, ne serait-ce que pour clouer le bec des ceusses qui cultiveraient l'incrédulité... (c'est mal).

Or donc, j'avais ce sujet en tête depuis quelques temps, depuis que je me suis mise à butiner, puis commenter de blog en blog comme une petite abeille industrieuse, à cette différence près avec l'insecte sociable que je n'avais alors pas encore de ruche-à-moi (j'ai toujours apprécié et fantasmé sur le nomadisme, depuis qu'enfant, je jouais à Pocahontas).

Puis, grâces en soient rendues à qui-vous-savez, j'ai trouvé mon île (*soupir d'aise et de contentement*). Je ne suis pas (encore ?) très assidue - dans la production de billets, en tout cas, parce que pour ce qui est de laisser des commentaires un peu partout, je suis beaucoup plus prolifique...

C'est, entre autres (je suis très procrastinateuse, et même pas culpabilisée, en plus !), parce que je ne sais pas encore très bien ce que je veux faire de cet espace-qu'il-est-à-moi. Oh, ça ne me turlupine pas du soir au matin et du matin au soir, mais je m'interroge, je suppute... Je me dis souvent que l'endroit sera ni plus ni moins ce que j'en ferai au fur et à mesure et qu'il n'y a pas lieu de définir ex ante une ligne de conduite. D'autres fois, je me cherche quand même, non pas une identité bloguesque (ranapété), mais du moins un angle d'attaque... Oui, c'est ça, un angle d'attaque.

Et là, je regarde autour de moi, et je vois ce qui se fait. Des blogs plus ou moins techniques (c'est important, il en faut, on ne remerciera jamais assez ceux qui diffusent le savoir technique pour les néophytes handicapés du clavier), plus ou moins rigolos, plus ou moins militants, plus ou moins gourmands, plus ou moins essentiels, et puis des mix de tout cela.

Pour ce qui me préoccupe, je retiens généralement assez vite dans ma réflexion une dichotomie basique, évidente, et donc, fondamentale (c'est mon avis-à-moi-que-j'ai, hein, j'impose rien à personne) :

  • les qui causent du monde (les politiques) et
  • les qui causent de leur auteur (les intimes).

Entre les deux, mon coeur balance, et ma plume hésite. Evidemment, un blog intime parle aussi, parfois, plus ou moins, de politique (la vie de la cité), et un blog plutôt politique cause également de son auteur, ne serait-ce qu'en creux.

Ce billet a ravivé mon débat interne et l'a alimenté. Bloguer moins con ? J'aime pas les jugements de valeur. Déjà. Puis, comme disaient les copines dans les 70's, le privé est politique. Et en plus, le blog n'a pas de vocation intrinsèque, pas de mission particulière, pas de volonté à respecter autre que celle que choisit de lui conférer son animateur...

Tout est question de volonté, de choses-à-dire-qu'on-a-en-nous (tout de même, sinon on ne viendrait pas les dire en public), et de positionnement. Ça peut être difficile d'exposer des pensées intimes, quoique nécessaire et / ou salvateur. Ça peut paraître indispensable d'alerter ses contemporains et de solliciter leur avis sur le monde-tel-qu'il-va-et-devrait-aller.

Jusqu'à présent, je n'ai pas croisé de blog qui fasse précisément une synthèse parfaite entre ces deux tendances-là : comme s'il y avait de la pudeur à parler d'eux chez ceux-qui-parlent-du-monde, et de la pudeur ou de la retenue à parler du monde chez-ceux-qui-parlent-d'eux. Qu'il soit difficile de lier les deux focales en un même propos, en un même billet (quoique pas impossible), je le comprends assez bien. Mais je m'étonne de ce qui me paraît être un auto-classement systématique dans l'une ou l'autre de ces deux catégories.

Enfin, je m'en étonne, car je n'ai pas envie de choisir, et je me demande : est-ce un choix inconscient, qui s'affirme peu à peu ? Est-ce incompatible, à moyen et long terme ? Certains entretiennent-ils carrément deux ou plusieurs blogs, l'un, intime, l'autre, politique (au beau sens du mot politique) ?