Du "complot féminin" selon le petit Eric
Par ko le lundi 1 mai 2006, 20:26 - Ça m'éééénerve... - Lien permanent
Probable premier volet d'une série d'analyses foutraques-mais-pas-trop d'un pamphlet malhonnête...
L'on me fait des reproches - voilés et souriants, certes, mais des quasi-reproches néanmoins... - , je me dois donc d'y répondre ! En fait, non, je ne considère pas devoir quoi que ce soit (et puis le lien pointe aussi de très agréables compliments que l'on me fait, et même si je ne suis pas très show off, c'est plaisant, il faut bien le reconnaître...).
Enfin bon, ce billet est écrit avec moults difficultés. Sachez-le. (Et de ce fait, appréciez-le encore davantage, sacrénomdenomdidjiou !).
En effet, moi qui ai acquis, au cours de l'année détestable que j'ai passé au sein d'une entreprise du tertiaire, une grande agilité dans le maniement du clavier, agilité dont je me félicite chaudement, me voilà bien marrie. Tantôt, alors que je maniais éponge et produit vaisselle tout en laissant mon esprit divaguer (j'aime bien faire la vaisselle, car voilà une activité qui ne nécessite que peu de concentration et qui est gratifiante à peu de frais), j'ai omis d'accorder à mes gestes ce minimum requis de concentration, et me suis soulevée une large bande (au moins) de peau et chair du majeur droit à l'aide du couteau si tranchant qu'affectionne tout particulièrement l'apollon, avant que de me rendre compte de l'auto-mutilation ! Horreur, malheur. N'écoutant que mon courage, j'ai fini mon ouvrage en serrant les dents, faisant passer l'éponge dans la main gauche (je suis presqu'ambidextre, c'est souvent pratique) afin de ne pas soulever cette bande de chair et peau facétieuse.
J'ai gagné dans cette aventure une jolie poupée, ainsi qu'on nomme pour les enfants le bout de pansement entortillé autour du doigt, afin qu'ils ne l'arrachent point. C'est extrêmement gênant dans l'exercice de la frappe à sept doigts et demi, je vous l'assure. Enfin, nonobstant l'irritation que provoquent les innombrables fautes de frappe résultant de cette malheureuse aventure, et dont je ne suis point coutumière (je veux dire, des fautes de frappe), me voilà m'acharnant sur mon clavier...
Le but de la manoeuvre était initialement de vous entretenir d'un ouvrage que je ne vais certainement pas finir, car la lecture de la première moitié a déjà largement entamé ma patience et ma bonne humeur (pourtant insondables). Peut-être certaines et certains ont-ils eu vent, voire ont-ils feuilleté ce petit pamphlet, qui a connu une couverture médiatique éphémère (pléonasme) ces temps derniers : Le premier sexe, d'Eric Zemmour, un journaliste - éditorialiste - faiseur d'opinions que je pensais jusque-là intelligent (à défaut d'être pertinent, soit, mais l'intelligence se fait elle-même rare dans les salles de rédaction). En fait, non. Son opus se veut polémique, inattendu, décalé : iconoclaste, peut-être ? Il a l'ambition de dénoncer la féminisation de la société
... (où ça ? Aux postes clés des multiples pouvoirs contemporains ? Chez les djeunzz, alors ? Il a pas la télé, Eric, ou c'est qu'il ne regarde pas les chaînes de djeunzz ? Les clips de rappeurs ricains emplis de pouffiasses dénudées et de décérébrés so mâââles, ça ne doit pas faire partie de son quotidien.)
Il se pourrait que je me livre ici à une analyse critique détaillée de la première partie de l'ouvrage, chose qu'en outre j'ai plus ou moins promise à l'apollon (on parle inconsidérément, parfois...). Ça pourrait nécessiter plusieurs billets, cependant, car dès les toutes premières pages, j'ai relevé des erreurs patentes en nombre impressionnant, des interprétations erronées, de la mauvaise foi en veux-tu en voilà, des artifices réthoriques dignes d'un journal lycéen, une argumentation vacillante mais pourtant assénée avec verve... Etonnant. Lisant l'ouvrage suite à de nombreuses discussions plus ou moins houleuses avec l'apollon et un sien ami, j'ai décidé de ne pas jeter l'éponge trop vite, et de m'infliger la logorrhée du triste sire. J'oscillais entre énervement (jetage du bouquin fort contre le mur) et amusement (prise de distance amusée avec un propos vraiment trop caricatural).
C'est cette deuxième voie pour laquelle j'ai finalement opté, en ma grande sagesse... (sisi). Mais que je vous livre d'emblée l'une des pépites de notre auteur énervé (mais sans souffle épique, désolée, Eric) : voilà-t'y-pas qu'il nous explique doctement, au cours de son raisonnement, que l'Eglise catholique aide depuis plus de 2 000 ans les femmes dans leurs tentatives de canaliser les pulsions sexuelles de l'homme...
. Ah ouais, quand même, fallait oser...
C'est là que j'ai stoppé ma lecture, d'ailleurs. Sur ce coup de génie. L'Eglise catholique comme soutien d'une politique des femmes à l'encontre des hommes, mon esprit pervers n'y avait pas pensé. Heureusement qu'Eric était là pour m'ouvrir les yeux... Moi, bêtement, je croyais que la très sainte église cathomoncul (sans offense pour les croyants, ce petit blasphème) n'avait eu de cesse que de lutter contre toute forme ou manifestation de pouvoir féminin, agissant en cela en symbiose parfaite avec ces messieurs (que ce soit consciemment ou pas, hein). Cultes païens de la déesse mère, stigmatisation des sorcières, assimilation de toutes les femmes à cette salope d'Eve, rejet de la sphère publique et enfermement dans la sphère privée et intime, loi salique et tutti quanti... Que des méthodes éprouvées pour canaliser les pulsions sexuelles de ces messieurs, vous dis-je !
Attention, je vais être mesquine : m'est avis que ces pulsions sexuelles à lui, le petit Eric, sont trop frustrées, justement, et que ça lui reste comme qui dirait coincé en travers de la gorge, tout ça... (fin du mode mesquin, car cépabien-cépabo - mais ça soulage...)
Bien, là-dessus, je rappelle à toutes fins utiles :
- que les femmes commencent à peine à se défaire du fardeau d'une domination qui fut écrasante pendant bien plus de deux mille ans, et qu'elles n'ont pas, si elles en avaient l'intention, les moyens de lutter contre les pulsions sexuelles mâles (et pourquoi faire, grands dieux !?!) ;
- que la recherche de la concorde entre les sexes passe davantage par une volonté commune de libérer aussi les pulsions sexuelles féminines, de les reconnaître et de les valoriser, en arrêtant de s'imaginer que seuls les mâles connaissent de telles pulsions (car ça, c'est une mystification idéologique, cher Eric, que tu reprends à ton compte sans l'avoir interrogée, analyste bien peu sérieux que tu es !).
Mon doigt blessé me lançant, et la faim me tenaillant, je brise là pour l'heure avec notre ami Eric. Mais j'y reviendrai, car il y a beaucoup à dire sur ce petit pétard mouillé qu'est son pamphlounet.
Commentaires
WhouuOUOUaHAHahahaHAHAHAaaââââaààààAAAhahHAha !!!!
ROTFLMAOWPIMP !!!
Avant de citer des trucs pareils, préviens, Ko, que j'aille pisser avant, sinon, c'est vraiment trop risqué pour mon froc...
Ah, mais si je révèle trop de choses, je tue l'effet de surprise ! C'est du lourd, hein ?...
Ah, ça, à ce point-là, je me demande même si c'est encore du raisonnable... ;-)
Sinon, soigne ton doigt, Ko, je serais désolé qu'une septicémie ou la gangrène t'emporte avant de connaître la suite du Livre de ce Grand Monsieur...
J'ai enlevé "la poupée" afin que la blessure sèche (c'est tout un art).
Il reste encore teeeellement de perles à commenter... pour que tu te retrouves ROTFLMAOWPIMP... (j'aime beaucoup ça !)
... Pauvre Eric! :DDD Il se fait démonter de toute part -mais c'est certainement un bon coup marketing pour lui puisque partout où il passe il déclenche les foudres-! ... JE PLAISANTE! Je n'ai pas lu ce livre mais ce que j'en sais semble au moins digne d'un De Villiers. Il semble étrangement que les Chiennes de garde aient elles aussi une dent contre lui! :DDD
@ Rose : oh, ça ne m'étonne guère, mais je suis loin d'être d'accord avec les chiennes de garde (déjà, quel nom !).
Disons que je suis certainement beaucoup plus (et ...) radicale ; ou que j'essaie de ne pas me perdre en de
vainsfaux combats (souvent démagos).Aha! Ko, figure-toi que c'est parce que je voulais écrire un billet sur le féminisme la semaine dernière que je suis allée sur le site et que je suis tombée là-dessus... Je pense comme toi que ce nom de "Chiennes de garde" est assez... moyen, voire douteux. Et que leurs revendications et contestations sont souvent "dépassées", d'un autre temps. Mais si un jour j'arrive à écrire ce billet sur le féminisme, j'en reparlerai... :)
Et alors, nous aurons un échange singulièrement enrichissant ! J'ai beaucoup de choses à dire autour de tout ça... Je laisse venir, ça mature, ça mature...
(Clique aussi sur Femmes publiques, dans mes liens)
Swâmi Petaramesh partage l'avis de Ko, bien sûr... Oui, ces pauvres filles, on les voit collier à clous et bave aux lèvres retroussées sur de grands crocs cherchant une fesse virile à mordre ;-)
Je ne pense pas qu'aucun des "problèmes" qui peuvent exister dans les relations entre sexes, tant au niveau individuel que social, ne sera jamais résolu par le choix d'une attitude belliqueuse et le choix du combat pour le combat d'un sexe contre l'autre.
Je pense que la paix entre sexes est absolument nécessaire au sein d'une espèce et d'une société, pour que cette société aille bien, tout comme elle est nécessaire au sein d'un couple, d'ailleurs.
Il y a des situations où la vigilance est de mise, d'autres où le combat est nécessaire, mais ils ne sauraient être des fins en soi, d'une part, et ne devraient jamais être considérés comme des luttes entre sexes sous peine de devenir du pur n'importe quoi destructeur, exactement de même qu'une guerre pour nécessaire qu'elle puisse parfois être, ne devrait jamais être menée comme la guerre d'une "race" contre une autre, sous peine de devenir une monstruosité. (J'arrête là la comparaison tant que j'ai encore une petite chance d'échapper au point Godwin ;-)
Il serait tellement plus agréable (et constructif) de réhabiliter ensemble le Jeu, l'harmonie, la complémentarité. Com' disait l'autre, ...
"Ma" Modesta aussi, faisait ce rêve. (<-- renvoi malin)
@Ko :
Ko, s'il m'arrive, un jour, sait-on jamais, de te contredire, fais-moi penser ce jour-là à me rappeler qu'en dehors d'être des multitudes, il faudra que j'examine très soigneusement la possibilité que je sois en train de proférer des conneries...
Comprenne qui pourra :-}
Oh que vous avez raison !... Oh que ça doit être exaltant d'être dans le camp des Justes !...
@ Doll : bien, mais maintenant que tu t'es exprimé émotionnellement, pourrais-tu me faire part de tes réactions rationnelles à mes arguments ?
@Ko : Remarque, s'exprimer émotionnellement, des fois, ça soulage, s'pas ?
Et puis, ton premier troll sur ton blog, ça s'arrose, ça, nom de Dieu ! Fais péter une roteuse !
Swâmi, ça soulage, certes, et c'est pour ça que j'accueille avec bonhomie ce message, tout en sollicitant un développement plus élevé, néanmoins...
@ KO : non mais, c'est quoi ce mec totalement gravissime ??? "que l'Eglise catholique aide depuis plus de 2 000 ans les femmes dans leurs tentatives de canaliser les pulsions sexuelles de l'homme..." Je n'ai JAMAIS rien lu de plus ... les mots me manquent... Suis totalement d'accord avec tôa en ce qui concerne les pulsions féminines (qui sont au moins aussi violentes - dans le bon sens du terme - que celles des hommes...). Perso, je trouve qu'il y en a marre de ces conneries de "guerre des sexes" (les chiennes de garde SONT en effet des rôôôôôquets à founes). Au risque d'enfoncer des portes ouvertes, j'aime bien môa les différences entre hommes et femmes, surtout quand elles sont d'ordre sexuelles... Tout comme tôa KO, je serai assez radicale sur bien d'autres points, mais là j'ai pas trop le temps de détailler (suis au boulot quand même, faut pas déconner).
La phrase citée a provoqué chez moi un éclat de rire au milieu d'un grand silence au bureau. du coup j'ai lu la phrase à haute voix. Les les filles présentes ont pouffé. Seul le garçon de l'équipe a trouvé ça "intéressant".
j'en conclu que malheureusement, ça a l'air d'être contagieux…
la vrai question serait probablement de se demander pourquoi ces demoiselles, selon Zemmour, n'auraient pas de pulsions sexuelles elles aussi... ceci dit, je crois que ce qu'il dit n'est pas complètement stupide (même si ça l'est largement), aussi, je crois que vous ne devriez pas taper sur votre ami...
oups, j'avais zappé votre deuxième point, j'interviens pour rien.
@ clic : Je force un peu le trait parce que j'ai été vraiment outrée des aberrations relevées dans son bouquin (qui est un pamphlet, il faut le rappeler, ça explique en grande partie le ton qu'il a choisi). Mais justement, il a choisi d'attaquer, de ne pas prendre en compte la position d'en face : il est donc logique que nous (moi et d'autres commentateurs) cherchions à démonter son propos. Mais encore une fois, je n'en ai pas fini avec cet ouvrage et les idées qu'il véhicule... A suivre, donc. Nous verrons bien s'il y a quelque chose qui n'est pas là-dedans...
Un livre d'une grande bêtise, une gueulante hystérique et frappée d'impuissance verbale plutôt qu'un pamphlet, je trouve. Avec une touche de paranoïa aussi... mais non sans violence, et là c'est plus grave. La violence du frustré, du pauvre mec qui rage de ne pouvoir prendre sur la femme une revanche que sa vie lui donne envie de prendre... Sans s'en apercevoir, c'est de lui-même, de son moi le plus intime qu'il dresse le portrait. Pas brillant...
Mais cette pauvreté et cette "minableté" du délire ne me font pas pitié. C'est de cette matière "intellectuelle" que sont faits ceux qui mettent le feu à une femme, qui passent à la démolition active lorsque les circonstances ou l'état de la société dans laquelle ils se trouvent leur en laissent l'opportunité.
Ce pauvre type fantasme sur le féminin exactement comme l'antisémite fantasme sur le juif, l'intégriste sur le mécréant, le lepéniste sur l'immigré. Ce livre est à la fois ridicule et nauséabond.
Eric Zemmour est un génie, vous etes justes trop bêtes pour le comprendre.
ZEMMOUR PREND LES CHOSES EN NAIN
JE RÉSUME SA PENSÉE
Si l'on regarde le déclin de ces dernières années, nous devons arriver à la conclusion terrifiante que moins les hommes ont voulu agir comme tels dans la vie publique, plus les femmes ont succombé à la tentation de jouer le rôle des hommes. La féminisation des hommes mène toujours à la masculinisation des femmes. À une époque où toute idée de vertu et de détermination a été oubliée, il ne faut pas être surpris que l'homme perde graduellement son rôle dans la vie, la politique et le gouvernement, au profit de la femme.